À la Une: la polémique toujours, après la finale Maroc-Sénégal de la CAN
La tension ne retombe pas au Maroc. Quatre jours après la finale perdue par les Lions de l’Atlas, la plaie est toujours béante. Et dans la presse, le ton monte.
Le site marocain Le Desk estime que « même si les décisions de disqualification immédiate en plein match restent extrêmement rares, dans les conditions vécues à Rabat et dans le contexte du parasitage de la veille orchestré par les Sénégalais, la sanction était parfaitement envisageable. (…) Cette finale 2025 crée un précédent délicat pour les instances du football africain et international, poursuit Le Desk. Si le Sénégal s'en tire finalement avec son titre et des sanctions probables pour son sélectionneur, le message envoyé est ambigu : quitter le terrain en plein match pour protester contre une décision arbitrale n'entraîne pas automatiquement la disqualification, pour peu que l’on revienne jouer ».
La « sanction ultime » !
Le site marocain 360 hausse le ton : « seule une sanction exemplaire du Sénégal peut éviter que l’on assassine une deuxième fois le football. La CAF doit frapper fort, sans trembler, fulmine 360, et la Fifa doit se tenir à ses côtés pour aller au bout de la logique : retirer le trophée au Sénégal, retirer la prime de vainqueur, parce qu’on ne récompense pas un comportement qui met en danger l’essence même du football, et effacer les points Fifa engrangés sur une rencontre dont le déroulement normal a été altéré par un abandon temporaire et des incidents graves. Et il faut assumer la sanction ultime, rajoute encore le site marocain : disqualifier l’équipe du Sénégal des prochaines échéances internationales, y compris le Mondial. Car à ce niveau, l’exemplarité de la sanction n’est pas seulement un devoir, mais une obligation ».
« Communautarisme émotionnel »
Il faut dire que cette défaite du Maroc en finale de la CAN a pris des allures de catastrophe nationale. Interrogé par le magazine Tel Quel, la sociologue Leila Bouasria explique : « une grande douleur pèse sur "notre" cœur depuis la fin de ce fameux match. Un sentiment d’injustice "nous" prend aux tripes. Le football, comme tout rituel collectif, est un révélateur. Il donne une occasion d’expression à ce qui n’a pas toujours l’espace pour se dire. Le Maroc a fait une belle CAN et il ne manquait que la victoire en finale pour couronner ce récit de succès. Ce n’est pas une simple déception sportive, c’est le sentiment d’assister, impuissants, au dénouement inattendu d’une espérance collective longuement nourrie ».
De plus, souligne la sociologue marocaine, « les réseaux sociaux sont des machines à amplifier ce communautarisme émotionnel. En quelques heures, des milliers de personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent à vibrer ensemble, se répéter les mêmes phrases et à désigner le même ennemi. Un match de football n’est jamais qu’un match de football. C’est une scène où se rejouent, sous forme condensée et ritualisée, des drames qui nous dépassent ».
Apaisement ?
En tout cas, « Dakar et Rabat appellent au calme », note le quotidien sénégalais Le Soleil. « Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé s’être "longuement entretenu" avec son homologue du Royaume du Maroc, Aziz Akhannouch. Les deux hommes ont promis de continuer à œuvrer, dans un esprit d’apaisement, de sérénité et de détente, à la consolidation des liens séculaires et très profonds qui unissent les deux pays ».
« Le match diplomatique » : c’est le grand titre de Walf Quotidien qui note également que « le temps est à l’apaisement entre le Sénégal et le Maroc et qu’il est temps de faire baisser la tension entre les deux pays ».
En pages intérieures, on peut lire ces lignes : « nous devons faire résilience sur ces comportements anti-sportifs qui nous auraient pourri la vie et faire baisser cette tension. Le sélectionneur des Lions, Pape Thiaw, s’est excusé auprès des autorités de la CAF, de nos propres autorités et de ses joueurs, pour avoir eu, le temps d’une tension extrême, un comportement d’entraîneur amateur. (…) Nous avons le devoir de nous reconcentrer sur les échéances à venir, comme la Coupe du Monde aux États-Unis. (…) Pourvu que nos Lions nous apprennent à aller danser sur le toit du monde, plutôt qu’au bord d’un volcan ».