J’ai mis le contact.
Il a fait pareil.
J’ai pris à droite.
Il a pris à gauche.
On ne s’est jamais revus.
Mais depuis, j’ouvre toujours mes livres à la page 42.
J’ai mis le contact.
Il a fait pareil.
J’ai pris à droite.
Il a pris à gauche.
On ne s’est jamais revus.
Mais depuis, j’ouvre toujours mes livres à la page 42.
Puis il a pris un feutre.
Et il a écrit, sur la buée de sa vitre :
"Page 42."
J’ai frissonné.
J’ai tourné les pages.
Et j’ai lu :
« Elle sentit l’homme comme on sent la marée, monter, s’insinuer, engloutir. »
Puis il a pris un feutre.
Et il a écrit, sur la buée de sa vitre :
"Page 42."
J’ai frissonné.
J’ai tourné les pages.
Et j’ai lu :
« Elle sentit l’homme comme on sent la marée, monter, s’insinuer, engloutir. »
Je suis trempée.
Je me touche à peine.
Nos vitres sont fermées.
Mais nos corps hurlent.
Je ne veux pas qu’il vienne.
Je ne veux pas jouir.
Je veux rester là.
Dans cette tension. Ce non-lieu.
Je suis trempée.
Je me touche à peine.
Nos vitres sont fermées.
Mais nos corps hurlent.
Je ne veux pas qu’il vienne.
Je ne veux pas jouir.
Je veux rester là.
Dans cette tension. Ce non-lieu.
Je le regarde.
Et je le vois.
Il a sorti son sexe.
Gros.
Il le tient bien, se caresse doucement.
Pas pour jouir.
Pour être là.
Je glisse ma main sous ma jupe.
Pas de culotte.
Je le regarde.
Et je le vois.
Il a sorti son sexe.
Gros.
Il le tient bien, se caresse doucement.
Pas pour jouir.
Pour être là.
Je glisse ma main sous ma jupe.
Pas de culotte.
Je baisse lentement un pan de mon chemisier.
Juste assez pour laisser mon sein gauche dehors.
Je ne le regarde pas.
Mais je sais qu’il voit.
Je sais qu’il bande.
Je le caresse du bout de mon ongle.
Je suis seule. Et regardée.
Je baisse lentement un pan de mon chemisier.
Juste assez pour laisser mon sein gauche dehors.
Je ne le regarde pas.
Mais je sais qu’il voit.
Je sais qu’il bande.
Je le caresse du bout de mon ongle.
Je suis seule. Et regardée.
Je tourne la tête.
Je le regarde.
Le livre reste ouvert sur mes cuisses.
Je vois sa main bouger.
Sur son jean.
Calme.
Mais déterminée.
Je ne respire plus.
Je tourne la tête.
Je le regarde.
Le livre reste ouvert sur mes cuisses.
Je vois sa main bouger.
Sur son jean.
Calme.
Mais déterminée.
Je ne respire plus.
Page 11. Il me regarde encore.
Du coin de l’œil, je le sens.
Une chaleur monte dans mon ventre.
Quelque chose de mouillé, là, déjà, sans raison.
Page 16.
Je ne lis plus.
Je suis simplement… présente.
Page 11. Il me regarde encore.
Du coin de l’œil, je le sens.
Une chaleur monte dans mon ventre.
Quelque chose de mouillé, là, déjà, sans raison.
Page 16.
Je ne lis plus.
Je suis simplement… présente.
J’étais à la page 6 quand j’ai senti une présence.
Une voiture venait de se garer à côté.
Un homme.
Quarantaine.
Pas beau, pas laid.
Mais des yeux sombres.
Et un regard… comme s’il avait payé pour me regarder vivre.
J’étais à la page 6 quand j’ai senti une présence.
Une voiture venait de se garer à côté.
Un homme.
Quarantaine.
Pas beau, pas laid.
Mais des yeux sombres.
Et un regard… comme s’il avait payé pour me regarder vivre.
Beaucoup de Musso, de Levy.
Des dictionnaires mutilés.
Et entre deux romans feel good :
Le Ravissement de Lol V. Stein, de Marguerite Duras.
Je l’ai pris comme on prend une claque attendue.
Et j’ai commencé à lire.
Beaucoup de Musso, de Levy.
Des dictionnaires mutilés.
Et entre deux romans feel good :
Le Ravissement de Lol V. Stein, de Marguerite Duras.
Je l’ai pris comme on prend une claque attendue.
Et j’ai commencé à lire.
Je suis arrivée dans un village dont j’ai oublié le nom.
Mais je me souviens de l’armoire à livres :
adossée à un cimetière.
J’ai laissé le moteur tourner.
Je suis sortie.
Les cuisses nues sous ma jupe longue. Le cœur un peu vide.
Je suis arrivée dans un village dont j’ai oublié le nom.
Mais je me souviens de l’armoire à livres :
adossée à un cimetière.
J’ai laissé le moteur tourner.
Je suis sortie.
Les cuisses nues sous ma jupe longue. Le cœur un peu vide.
Je monte dans ma voiture, je roule sans but, et je m’arrête dès que j’en croise une.
C’est ma manie.
Ma chasse au trésor.
Ce matin-là, c’était un jeudi.
Un jour sans enjeu.
J’avais juste envie de mots. Et peut-être d’un peu de soleil.
Je monte dans ma voiture, je roule sans but, et je m’arrête dès que j’en croise une.
C’est ma manie.
Ma chasse au trésor.
Ce matin-là, c’était un jeudi.
Un jour sans enjeu.
J’avais juste envie de mots. Et peut-être d’un peu de soleil.
J’aime les livres plus que les gens.
Et surtout : les vieilles armoires à livres, celles qu’on trouve dans les villages, sous un arbre ou au fond d’un parc.
J’aime les livres plus que les gens.
Et surtout : les vieilles armoires à livres, celles qu’on trouve dans les villages, sous un arbre ou au fond d’un parc.